L'Oracle de Delphes
Oracle signifie à la fois prophète, prophétie et lieu où l’on rend des prophéties.
On interroge des héros, des morts et le plus souvent des dieux, notamment Zeus et Apollon.
Delphes était considéré comme le nombril de la Terre et le centre de l’Univers, il fut, parmi les lieux sacrés, le plus prestigieux et le plus rayonnant du monde hellénistique. Les origines du culte remontent au moins à l’époque mycénienne.
Le site de Delphes est un espace mystérieux et sauvage, rempli de souvenirs mythiques: celui de Gaia, la Terre-Mère, première déesse du lieu, qui engendra le serpent Python (Thémis: autre déesse qui régnait autrefois sur le site).
Dans les premiers temps, on n’interrogeait la Pythie qu’à de rares intervalles, guère plus d’une fois par an.
Peu à peu, néanmoins, on prit l’habitude, durant l’été de répondre chaque septième jour du mois, sauf au cours des trois mois d’hiver, durant lesquels Apollon était censé quitter Delphes.
Un tirage au sort décidait de l’ordre dans lequel les fidèles pouvaient consulter, mais certains d’entre eux pouvaient jouir du privilège de promenteia, qui les autorisaient à passer devant les autres.
A chaque divination l'on sacrifiait un animal, en offrande aux Dieux.
L'oracle après s’être purifiée dans l’eau de la fontaine Kastalia et dans les fumées d’un feu de laurier et de farine d’orge, après avoir mis dans sa bouche une feuille de laurier, la Pythie prenait place sur le trépied sacré.
Les consultants, conduits auprès d’elle à tour de rôle, posaient leurs questions : enivrée par les vapeurs qui, échappées du sol, emplissaient son séjour, en transe, elle s'exprimait en un langage difficilement compréhensible.
Il fallait que les prophètes remettent à chaque interrogation la transcription officielle. Des exégètes; spécialistes indépendants du clergé, pouvaient, moyennant finances, en donner une interprétation.
Beaucoup de divinations nous sont connues, car les archives des États conservaient le texte des réponses aux consultations qu’ils avaient ordonnées, tandis que les prêtres - par prudence sans doute, et pour ne pas se contredire - ne négligeaient pas de garder eux-même copies des oracles qu’ils avaient pu rendre.
L’Oracle de Delphes était consulté non seulement par des particuliers, sur des affaires privées, mais aussi par des chefs d’État et de gouvernement...
Crésus, roi de Lydie, envoya une ambassade à la Pythie pour savoir s’il devait faire la guerre aux Perses. La Pythie lui répondit que s’il faisait la guerre, un grand empire serait détruit; en effet... mais ce fut le sien !
Les villes, même rivales, l’enrichissaient d’offrandes considérables et s’associaient à elle en une communion d’intérêts économiques.
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